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Le Cardinal Lustiger souhait KTO sur la TNT

27 septembre 2007

Encore archevêque de Paris, Mgr Jean-Marie Lustiger s’était déplacé pour l’audition publique de KTO au CSA lors de sa première candidature sur la TNT, le 20 juin 2002. Voici son intervention. Mgr Lustiger concluait ainsi l’audition : « C’est une ambition que je considère comme un devoir. Je sais que c’est un peu fou, mais j’ai l’habitude des folies qui réussissent, et je crois celle-ci nécessaire, non seulement pour le paysage télévisuel, mais aussi pour la culture française. »

Mgr Jean-Marie Lustiger

J’ai l’impression d’être ici, au milieu des saltimbanques, le jongleur de Notre-Dame, et je ne pourrai faire - comme ce jongleur, que ce que je sais faire. Je ne suis donc pas un saltimbanque.

Je ne représente donc pas seulement KTO, qui est une chaîne jeune encore au stade des promesses, même si d’ores et déjà on peut entrevoir un certain nombre de résultats. Mais, je crois être sur ce projet de télévision numérique, qui peut donner à la télévision, dans notre civilisation, la place de l’agora, c’est-à-dire le lieu public où la société trouve sa conscience et peut se faire.

Du coup, l’objet de la télévision - sa finalité - doit d’inscrire un peu à côté, ou en tout cas ne pas être entièrement pris dans tous les critères nécessaires à sa survie et à sa vie que sont les critères de rentabilité, d’audience, de devoir ou de charges. Si elle est l’agora de la société de communication et de la grande communication, où la conscience d’un peuple peut se refléter et se trouver, elle a donc un rôle extrêmement difficile à trouver et à accomplir. Sa nature même, en dépit des progrès de l’interactivité, l’empêche, pour le moment, d’être l’outil qui forge une conscience commune en éveillant les libertés et en permettant le véritable dialogue.

Pourquoi annoncer tout cela ? C’est pour dire pourquoi nous nous sommes lancés. Je dis « nous », non pas par majesté, mais parce que cela représente le consensus des responsables de l’Église dans notre pays, comme d’ailleurs dans d’autres pays. Nous sommes en relation avec les Italiens, les Allemands, et il existe plusieurs projets analogues en Europe, ce qui n’est pas sans intérêt par rapport à la francophonie, et j’ajoute par rapport à l’Afrique, où on nous attend. Nous nous sommes intéressés à ce projet parce qu’il nous semble que la télévision est sans doute l’outil qui, aujourd’hui, doit pouvoir permettre -pour reprendre une expression de Fernand Braudel- de « donner corps à l’identité de la France ». En employant ce mot, on ne me soupçonnera pas en l’empruntant à Fernand Braudel, d’y mettre une couleur trop identitaire.

Ce que je peux vous dire au sujet de ce projet est un témoignage en faveur de la part non quantifiable de l’identité française. Qu’est-ce à dire ? C’est, au fond, tout ce que la mémoire d’un peuple peut façonner et véhiculer à travers une expérience spirituelle. Et, à ce titre, le catholicisme n’est pas seulement une religion qui viendrait ici pour défendre ses intérêts privés ou particuliers, ou sa confessionnalité, mais être le témoin dans la culture d’aujourd’hui de ce qu’a été l’engendrement de la culture française.

Du coup, l’ambition de cette télévision, telle que je la rêve, n’est pas seulement une ambition de ma part, mais presque un devoir, un dû, que nous devons rendre à la France, au public, au public français. C’est l’aider ainsi à assumer sa propre identité, à condition, bien sûr, que ce que nous tentons de réaliser corresponde à cette vision. Cela suppose que si cette chance nous est donnée, qu’elle est nécessaire à l’État actuel de la culture, de la création de la conscience française du XXIe siècle.

Pourquoi ? Nous voyons bien que les religions prennent actuellement une place considérable dans le tableau de l’Occident et dans un climat très conflictuel. Régler ces questions en ne prenant que le fait religieux comme un fait particulier et sectoriel, régler le problème des religions en arbitrant des intérêts particuliers, dans un secteur particulier de la société, serait négliger la place porteuse -le courant porteur- qui habite chacune de ces civilisations.

Dans notre pays, le christianisme -le catholicisme- est ce courant porteur, à condition que lui-même ne se présente pas de façon sectaire ou exclusive. Il me semble qu’à cet égard, c’est témoigner de la rencontre qui a permis de façonner l’identité française. Je rêverais que cette culture puisse le faire, que cette télévision puisse y contribuer. Nous sommes capables de régler des problèmes que les politiques ne peuvent pas résoudre. Prenez par exemple les relations séculaires dans la conscience française entre deux religions, le catholicisme et le protestantisme, et le judaïsme. Les lois n’y feront rien s’il n’y a pas une réconciliation en profondeur.

Comment veut-on que la venue dans notre culture d’interlocuteurs nouveaux, qui n’ont pas leur place dans l’histoire et dans le passé, comme l’islam, puissent être intégrés uniquement par des facteurs légaux ou administratifs, pour un dialogue en profondeur dont ni l’État, ni les légistes, ni les législateurs, ni les administrateurs n’ont la compétence ? C’est donc la part non politique de la conscience nationale, donc la culture mais, là encore, la culture elle-même doit être une culture vivante.

J’estime donc que nous avons là une chance et une responsabilité de remplir quelque chose que nous devons, comme un dû, à la conscience française. Du coup, il faudrait que cette télévision soit d’un genre tout à fait nouveau. Je rêve d’une télévision qui ne se soucierait pas de l’audience, je rêve d’une télévision qui ne se soucierait pas du rendement ou de la publicité, et qui, pour autant, n’aurait pas la liberté de faire n’importe quoi, car sa contrainte serait précisément d’être ce qu’elle peut être et ce qu’elle devrait être : un outil de dialogue.

Qu’est-ce à dire ? Le dialogue n’est pas l’interactivité telle qu’on la voit actuellement dans les jeux télévisés. C’est tout au plus une manière de capter le public. Le vrai dialogue est celui qui est capable, non seulement de dire, mais d’écouter. Comment susciter une interactivité qui fait que ce qui est dit dans cette « boîte à images » ne soit pas seulement un reflet de l’auditeur, ou une conformité à ce que les sondages nous enseignent à son propos, ou simplement la satisfaction de ses désirs les plus immédiats, mais un vrai dialogue socratique ?

Peut-on imaginer une télévision pauvre, mais qui soit en même temps riche d’humanité ? Je pense que c’est possible. Si notre civilisation de communication n’est pas capable d’inventer ce type de communication, alors elle aboutira aux impasses dont parfois nous pouvons voir les effets.

Voilà ce projet extrêmement ambitieux, cette ambition pour laquelle nous nous sommes risqués sur ce terrain glissant de la télévision. Terrain glissant parce qu’il est clair que les lois du genre font de nous des enfants de choeur dans un univers impitoyable. Mais, ce n’est pas témérité, ce n’est pas inconséquence, mais je le répète, un devoir, un dû.

Je pense que nous devons réussir, car ce qui est à faire, c’est mobiliser la mémoire, aider à l’avènement d’une vraie liberté, faire en sorte que ce qui compte soit la capacité d’éveiller, chez le téléspectateur, la liberté et la richesse de pensée qui l’habitent, et que la mémoire ravivée puisse lui permettre de retrouver, puis de comprendre où et quand peut se faire le véritable dialogue entre êtres humains, et non pas seulement par slogans, par exclusion ou par fusion. Où peut être la véritable ambition d’une nation et d’un peuple si ce n’est en assumant la richesse de son passé pour construire son avenir ?

Source : l’audition complète sur le site du CSA



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